Toit en sagne

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Avantages

Inconvénients

- Excellent bilan environnemental : pas ou peu d'énergie grise, produit local (En Camargue et autres régions de production), produit 100 % naturel, entièrement biodégradable en fin de vie...

- Toiture 3 en 1 :

  • Étanchéité à l'eau.

  • Isolation.

  • Parement intérieur et extérieur.

- Ce qui induit un coût matériaux et temps de réalisation intéressant.

- La légèreté de cette couverture permet de faire des charpentes plus simples.

- Très bonne résistance au vent.

- Durée de vie plus courte qu'une toiture traditionnelle : 30 au lieu de 50 ans.

- L'étanchéité à l'air n'est certainement suffisante pour satisfaire les dernières normes (RT2012).

- Difficile d'obtenir un permis de construire partout.

- La toiture est plus sensible au feu, mais elle peut être ignifugée.

   


Petit histoire du toit en sagne :



Les toit en chaume ou sagne pour la Camargue était la technique majoritaire de couverture en France et en Europe jusqu'au moyen âge. Surtout en milieu rural. C'est le roseau qui était le plus utilisé pour réaliser ces couvertures (Qui se dit sagne en Camarguais). Mais la ou il n'y avait pas de marais, ou utiliser d'autres végétaux, comme le seigle par exemple.

A partir de la révolution, cette technique a été progressivement abandonnée au profit de couverture en tuile ou en ardoise, notamment pour réduire la propagation des incendies dans les villages.

La technique a encore perduré dans certaine zone jusqu'à l’après guerre puis a quasiment disparue.

Elle est encore un peu utilisé dans certaines régions comme la Camargue ou dans l'ouest de la France, ou il existe encore qu'elles entreprises spécialisées qui la mettent en œuvre.

En Camargue, c'est la technique traditionnelle pour réaliser la cabane de gardian.


Les techniques de toit en sagne :

Il existe plusieurs techniques pour réaliser un toit en sagne, même si elles différent peu les unes des autres, il y a quelques variantes.

Sur cette page sera présenté en détail celle qui a été utilisée lors d'un chantier au Marais du Viguerat en 2013. Il s'agit d'une des techniques traditionnelles.

Cette technique est utilisée pour le toit comme pour les murs de la cabane.

D'autres variantes seront présentées en bas de cette page.


Avec cette technique comptez environ un mois de travail pour une cabane de 30 m2, si possible à 2.


L'ossature bois :

La forme de la charpente correspond à la forme d'une cabane de gardian. Elle est adaptée au climat local, c'est à dire qu'elle a un côté arrondie orienté vers le nord qui fait face au mistral. Et une pignon au sud à l’abri du vent qui comporte la porte d'entrée et en général le conduit de cheminé. D'autres formes sont possibles.

La pente est au minimum de 45° pour assurer un bon écoulement de l'eau sur le roseau. En dessous de 45° il faut prévoir un pare-pluie. Les maisons n'avaient pas d'étage, et du fait de cette forte pente, le mur de soubassement est très bas, environ 1 m.

Seul le mur du pignon au sud peut attendre plus de 3 m.

 Maquette d'une ossature de maison de gardian
Maquette vue du sud
Dessin de notre ossature
 
 
 
Sur les constructions traditionnelles, il y avait une croix sur la pointe au nord, qui demande une traitement particulier pour l'étanchéité.

Du fait de la légèreté de la toiture, l'ossature peut être de faible section.

De même , il n'y avait pas de fondation malgré les sols très peu porteur. L'ossature était enfoncée directement dans le sol marécageux ( au moins 1 m de profondeur en fonction de la résistance du sol). Il est recommandé d'utiliser des bois de classe 4 plus résistant à l'humidité. Du chêne dans notre cas. On peut utiliser du robinier, ou encore plus résistant du cyprès de Provence (classe 5).

L'ossature comporte 2 poteaux verticaux, sur lesquelles repose une panne centrale faitière. Deux aisseliers relient les 2 poteaux à la panne faitière afin d'assurer le contreventement du bâtiment dans l'axe Nord-Sud.

Les murs de 1 m de hauteur sont réalisés autours du bâtiment à une distance suffisante pour que la pente du toit ne reste supérieur à 45°. Avec un mur arrondie en bout.

Puis des chevrons sont fixés entre ces murs et la panne faitière. Les chevrons devront dépasser du mur en partie basse pour assurer un débord suffisant qui protégera le mur ( min 30 cm).

Il faut aussi prévoir un débord sur le mur pignon au sud.


On peut envisager une panne intermédiaire si les chevrons sont de faible section, seul un calcul de structure peut le déterminer avec précision.

L'entraxe entre les chevrons dépendra du diamètre des condorses utilisées. En général autours de 50 cm.


Les condorses sont les baguettes sur lesquelles reposera et sera attachée la sagne. Elles sont horizontales et fixées perpendiculaire aux chevrons. Elle sont de préférence de section ronde pour favoriser le glissement du fil de fer.

Elles était traditionnellement réalisées en baguette de saule de 2 à 3 cm de diamètre. Le saule étant flexible. Pour l'assouplir d'avantage il était laissé à tremper au préalable dans les fossés, notamment pour réaliser l'arrondie.

Dans notre cas nous avons utilisé des liteaux pour les parties droites, et du tube en plastique souple pour l'arrondie.

Des condorses doivent aussi être fixées sur les murs.

L'entraxe entre les condorses doit être d'environ 33 cm. Il vaut mieux rajouter une condorse entre la 1er et la 2ème en partant du bas, pour bien tenir le 1er rang.



  L'ossature terminée  Le Plymouth dans l'arrondie
 
 

 Vue intérieur des condorses
 Le débord
 La croix
 
 
 

Réalisation des « manons » :

Les manons sont des petits fagots de tige de roseaux qui seront ensuite cousus sur le toit pour faire la toiture.

Le manons est attaché à un bout et fait environ 10 cm de diamètre, c'est à dire un cercle fait avec les 2 mains, d'où le terme manons.

Comme souvent pour d'autres techniques traditionnelles c'est le corps humain qui sert de mètre étalon.


Si vous ne récoltez pas la sagne vous même, elle est vendu en gros fagot, dans lesquelles on fait environ 5 manons.

Sur les fagots on distingue, deux côtés: le cul, qui est la partie base de la tige qui a été coupée, et en partie haute:le plumé ou la tête.


Pour réaliser un manon, on commence par faire un bobineau.

C'est à dire que l'on enroule un fil de fer fin ( < 1 mm), autours d'un bâton.

On l'enroule soit à la main en croisant bien au début, soit à l'aide d'une perceuse.


 Bobineau à la min
 Bobineau à la perceuse
 Le noeud du manon
 
 
 


Pour ne pas s’abîmer le dos, on travaille sur une table ou des tréteaux.


Voici les différentes étapes :

  • Le fagot de sagne est ouvert, on en prend une poignée avec les 2 mains (de 10 cm de diamètre) du côté du cul.

  • On peigne avec la main la tête pour faire tomber les tiges de travers.

  • On tape le cul par terre ou sur la table pour aligner les brins ensemble.

  • A l'aide du bobineau on enroule un fil de fer côté cul à 10-15 cm du bord.

  • On réalise le nœud (voir la vidéo) : on passe le fil derrière, puis dessous, puis on tourne autours. On créé ainsi un nœud coulissant.

  • On serre le nœud.

  • Pour couper sans pince, on tord le fil de fer, puis on tire d'un coup sec.


On peut attacher les manons de n'importe quelle autre manière, vu que ce fil sera ensuite retiré une fois sur le toit. Mais c'est cette technique la plus rapide.


Il faudra 30 manons par m2, soit 6 fagots par m2. A environ 2,5€ HT le fagot (tarif 2013). Cela fait 15€ HT par m2 pour la sagne.


La pose des manons :

Voici les différentes étapes :

  • On commence par le bas contre le mur pignon au sud, puis on longe le bâtiment jusqu'à revenir contre l'autre côté du mur pignon. Attention on ne peut pas démarrer 2 équipes de chaque côté du mur pignon et se rejoindre au milieu de la partie arrondie, le raccord n'est pas possible.

  • On pose le 1er manon en bas, le plumé vers le haut, on le coud sur la 2ème condorse en partant du bas (voir ci-dessous la couture). Puis on pose le 2ème à côté et on continue la couture et ainsi de suite.

  • Le cul du 1er rang doit dépasser de la 1er condorse de 10 à 15 cm pour la protéger de la pluie. Il faut bien aligner au fur et mesure le cul des manons qui dépassent en tapotant dessus à l'aide d'un bout de planche.

  • On ne démarre le 2ème rang qu'une fois le 1er rang terminé ou au moins avancé de quelques mètres.

  • Le cul du 2ème rang devra être à environ 33 cm du cul du 1er (valeur de l'entraxe entre les condorses).

  • Pour le 2ème rang on procède de la même manière que pour le 1er, on coud les manons sur la condorse suivante. C'est un peu plus difficile car il y a les manons du 1er rang qui empêchent de voir ou sont les condorses.

  • Pour aligner la partie basse du 2ème rang et des suivants, on peut s'aider d'un chevron que l'on attache avec 2 fils de fer au faîtage du bâtiment. Le cul des manons viendront s'appuyer dessus.

  • Dans l'arrondie, on tient les manons avec des petites baguettes pointuse que l'on enfonce dans le manon.

  • Dés le 2ème rang on commence à travailler sur une échelle, qu'on appui juste sous le chevron. On fixera une planche de 1 m en long en haut de l'échelle pour ne pas écraser la sagne.

  • Chaque rang est donc cousu au moins 2 fois, la 1er couture , puis celle du rang de dessus, voir du rang encore dessus si les manons sont très longs.

  • Le cul du dernier rang devra être à au moins 60 cm du faîtage, de sorte qu'il reposera sur les 2 dernières condorses.

  • Il faudra coudre se rang 2 fois, sur chacune de ces 2 condorses.

  • Pour le dernier rang, couper le plumé qui dépasse du faîtage.

  • C'est ensuite le bandeau à la chaux qui assurera l'étanchéité des derniers rangs.

  • Dans l'arrondie , il faut être bien vigilant car on a tendance à partir de travers. Le côté plumé des manons doit être plus serré et bien aligné avec le faîtage.

  • le bandeau de chaux descendra plus bas à cette endroit, on arrêtera donc la pose des manons plus bas, c'est à dire trois rangs plus bas . On réalise un dégradé avec les rangs qui sont sur le côté.

  • Une fois un rang posé, il faut enlever le fil qui servait à attacher chaque manon avec une pince. Attention à ne pas couper le fil qui fait la couture ! Aucun fil de fer n'est visible du dessus de la toiture.

On doit avoir environ 15 cm d'épaisseur de roseau en tout.


Départ du 1er rang
 Départ du 2ème rang
Le chevron à partir du 2ème rang  L'echelle
 
 
   
 Vue intérieur en cours de pose
Les aiguilles en bois dans l'arrondie
La pose en dégradée dans l'arrondie
La jonction du pan ouest et du mur sud
 
 
 
 

La couture des manons :

C'est le plus important, les manons doivent être solidement fixés et bien serrés les uns contre les autres.

On utilise pour ça un bobineau, avec un fil un peu plus épais que pour faire les manons (au moins 1,2 mm). Le bobineau ne doit pas être trop épais.

On utilise aussi un poignard en bois. (Les notre faisaient 2x8x35 cm). Il faut arrondir les bord, et si possible les faire légèrement en biseau.


  • On commence par attacher le fil du bobineau sur une condorse, à gauche par exemple.

  • On pose un manon.

  • On passe le bobineau par dessus le manon.

  • On passe le bobineau sous la condorse à droite du manon.

  • Sous le toit, on passe le bobineau par dessus la condorse au travers du manon, en revenant en arrière à environ 1/3 de largeur du manon (du côté droit vue de l'extérieur).

  • On fait ressortir le bobineau au travers du manon, on serre très fort en tirant le bobineau vers la gauche. Ce qui doit serrer le manon vers la gauche. On laisse pendre le bobineau.

  • On pose le 2ème manon à droite du 1er.

  • On reprend le bobineau, et on le repasse par dessus le manon et sous la condorse.

  • On continue comme précédemment.

  • Arrivé au bout du rang, on attache le fil de fer sur une condorse.

            Voir la vidéo de pose du 1er rang

A partir du 2ème rang, on ne voit plus la condorse et le 1er rang nous empêche de passer le bobineau.

On utilise donc le poignard, que l'on enfonce au travers du 1er rang sous la condorse. On le tourne ensuite, ce qui écartera les brins du 1er rang suffisamment pour laisser passer le bobineau.

On enfoncera le poignard au dessus de la condorse (toujours depuis l'extérieur du toit), on le fait tourner, puis on passe le bobineau pour le sortir au travers du manon.

Il est préférable d'être 2 pour réaliser cette opération, un dehors, un dedans.

            Voir la vidéo de pose du 2ème rang


 Le poignard
 Passage du bobineau par dessus
 Passage du bobineau par dessous
 
 
 
 Le bobineau sort à 1/3 du manon
 Serrage du fil
 La couture vue de l'intérieur
 
 
 


Le bandeau à la chaux :

Il assure l'étanchéité du faîtage.

Il doit descendre en dessous des 2 dernières condorses, pour recouvrir les 2 fils de fer de couture du dernier rang.

C'est à dire environ 80 cm sur les côtés et 1,2 m dans l'arrondie.

Sur la face sud, soit on continue pour que les 2bandeaux se rejoignent, comme dans notre exemple.

Soit on réalise 2 bandeaux qui descendent sur les côtés du pignon jusqu'en bas, il alors réalisé un coffrage en bois pour tenir le mortier.


Généralement toute la façade sud est enduite, ainsi que les murs de côté.


Fixation du grillage :

On commence par fixer un grillage galvanisé , qui doit être un peu moins large que le bandeau final.

Il sert d'accroche, et arme le mortier. Traditionnellement il n'y en avait pas.

Le grillage est attaché avec du fil de fer sur les fils des coutures des derniers rangs.

Sur les côtés on déroule le grillage horizontalement, on les attaches ensemble au niveau du faitage.

Dans l'arrondie, on déroule 2 bandes en diagonales de haut en bas, qui se rejoignent en partie basse au milieu de l'arrondie. Puis on rajoute un bout qui part de la pointe en haut du bâtiment (au niveau de la croix quand il y'en a une).

En facade sud, on pose du grillage en haut du pignon, et sur les côtes si la chaux va jusqu'en bas, voir sur tout le mur.


Pour la croix en bois qui sort du toit, il faut l'entailler en biseau autours de la base de la croix qui sera prise dans le mortier. De sorte que le bois recouvre le mortier à cette endroit. Sinon il y'aura une fuite.


 Le grillage vue de dessus
 Pose de la bande de grillage dans l'arrondie
 Entaille dans la croix
 
 
 

Le mortier :

Le mortier est réalisé depuis l’après guerre en mortier de ciment. Ce qui est une erreur puisque d'une part il ne respire pas, ce qui détériore la sagne, et d'autre part il est très rigide, et donc fissure plus vite.

La chaux est beaucoup plus adaptée.

Nous n'avons pas pu retrouvé de maçon qui utilise encore la chaux de manière traditionnelle pour cet usage, ni de toiture datant d'avant guerre. Il est donc impossible de savoir quelle type de chaux était utilisée, et quel type de sable.

Il est probable qu'il s'agissait traditionnellement de chaux aérienne, puisque la chaux hydraulique n'est apparue qu'au 19ème siècle. La chaux hydraulique est plus adaptée à cette épaisseur de mortier.

Nous avons opté pour un mélange des deux, c'est à dire une NHL2. Une NHL 3,5 doit aussi faire l'affaire.


Pour ce qui est du sable , la couche de mortier fait entre 3 et 5 cm. C'est un peu épais pour un sable à maçonner 0/5, il y a un risque de fissuration.

Pour éviter cette fissuration, nous avons ajouter du gravier et de la paille hachée. Le mortier ayant été posé en plein mois de juin par de fortes chaleurs (ce qui est à éviter), ca n'a pas été suffisant et il y a eu des microfissures.

Dans l'idéale, il aurait fallu le faire en 2 couches et à une autre période.


Le dosage était le suivant :

  • 3 volume de NHL2

  • 3 volume de graviers.

  • 6 volumes de sables.

  • 1 volume de paille hachée.


Le mortier ne doit pas être trop humide, il doit être assez sec pour bien se tenir.


La pose du mortier :

  • On commence par attacher un chevron horizontalement au faîtage avec 2 fil de fer, qui viendra délimiter le bas du bandeau.

  • On pose une échelle avec une planche au bout, qui s'appuie plus bas que le chevron.

  • On monte des seaux que l'on déverse sur le grillage.

  • On étale uniformément le mortier avec une truelle, puis on lisse au fur et à mesure.

  • On déplace ensuite l'échelle au fur et à mesure que l'on avance.


La pose du mortier doit être faite dans la journée pour éviter un raccord.

Sauf si on fait 2 couches, seul la 2ème doit être faite en une fois.


Il faut avoir le bras long pour bien arriver en haut. Et commencer par le haut pour la pointe au bout, car il y a 1,2 m.


Ne pas poser le mortier, par moins de 5°C ou plus de 25°C, ni pas temps de pluie.

Préférer un temps couvert à la mi-saison.

Plus le séchage sera lent, mieux ce sera.


Bandeau au sud
Pose du mortier sur l’échelle
Lissage du mortier à la truelle
 
 
 

Les murs :

  • Les manons sont posés à même le sol.

  • Sur les côté du bâtiment qui fait moins de 1 m de haut, il n'y a qu'un seul rang, qui est attaché 2 fois sur 2 condorses. On découpe les manons à la bonne hauteur avant de les poser.

  • On commence par attacher quelques manons sur la condorse du bas. En les cousant de la même manière que pour le toit.

  • Puis on les attachent sur la condorse du haut et on continue tout le reste de la rangé en attachant d'abord en haut.

  • On coupe ensuite les fils qui tiennent les manons (en bas), mais pas la couture que l'on a commencé en bas.

  • Puis on coud la rangé sur la condorse du bas, en se servant du poignard pour passer le fil.

  • Si le mur comporte plusieurs rangs, on recouvre le haut du 1er rang avec le second mais avec un écartement bien plus important que pour le toit. Le « cul » des manons des 2 rang peut être espacé de plus d'un mètre. Deux rangs suffisent en général pour le mur pignon. Le fil de couture est alors apparent sur les murs.

  • Les plumes des manons qui dépassent en partie haute sont coupées pour suivre la forme du toit.

        Voir la vidéo

 Pose des manons sur mur sud
Pose des manons sur les murs latéraux
Manons sur le mur sud
 
 
 


 Pose des manons au dessus de la porte
 Jonction mur et toit vue de l'intérieur
 
 

Les variantes :

La couture avec des aiguilles :

Avant l'utilisation du fil de fer, on utilisait de la ficelle pour attacher les manons.

Soit on procédait de la même manière qu'avec du fil de fer, avec un bobineau.

Soit on pouvait utiliser des aiguilles.

On utilise des aiguilles courbes de différentes tailles pour la plupart du toit.

Et pour les derniers rangs on utilise des aiguilles droites assez longue.

Cette technique permet de travailler seul.

 Les aiguilles
 La couture vue de l'intérieur
 
 


La toiture en paillasson :

Cette technique plus moderne utilise des paillassons à la place des manons.

Il s'agit de tapis de roseaux cousus à la machine par une ficelle en nylon.

On les trouvent dans le commerce sous forme de rouleau de 1 à 2 m de haut sur 5 m de long.


Pour faire une toiture, les paillassons sont un peu différent, ils sont cousus spécialement par l'entreprise Perret

Il ne comportent que 2 ficelles en bas, et font 2 tailles :

  • Des paillasson de 0,8 m de haut, pour une toiture qui ressemble à une toiture traditionnelle, c'est à dire qu'il y a un rang tous les 25 cm environ.

  • Des paillassons de 1,1 m de haut , pour 1 rang tout les 50 cm. Dans ce cas la toiture est moins étanche, il faut un pare-pluie, mais le temps de réalisation est le coût est moindre.


La mise en œuvre est la suivante :

  • On place des condorses tout les 25 cm ou 50 cm en fonction du paillasson choisit.

  • On déroule le 1er rang le long des condorses.

  • On déroule ensuite un fil de fer (1,8 mm de diamètre) sur le paillasson au niveau d'une condorse.

  • Puis on agrafe ce fil de fer au fur et à mesure, avec un agrafeur pneumatique et des agrafes de 30mm, tous les 10 cm.

  • Le paillasson est pris en sandwich entre le fil de fer et la condorse.

  • On double le 1er rang en bas, c'est à dire que l'on recommence par dessus le 1er. A partir de la on utilise des agrafes de 5 cm.

  • La ficelle du 1er rang est retiré pour qu'elle ne soit pas visible.

  • On déroule le 2ème rang au niveau de la 2ème condorse (le bas de chaque paillasson est espacé de 25 cm ou 50 cm).

  • On recommence à agrafer et ainsi de suite.

 Couture des paillassons
 Rouleau de paillasson pour toiture
 Le fil de fer agraphé
 
 
 


Pour le bandeau à chaux, la technique est la même que précédemment.


Cette technique est un peu plus onéreuse en matériaux, le paillasson étant plus cher.

Mais elle demande au moins 2 fois moins de temps.

Elle est utilisé depuis une quinzaine d'année sans problème pour le moment.


Toiture en seigle :

Cette technique était utilisée dans les alpes jusqu'à l’après guerre.

On utilisait du seigle, en fagot de 20 cm de diamètre attaché avec plusieurs brin de seigle enroulé ensemble.

Les bâtiment avait 2 pentes, comme précédemment il y avait l'équivalent des condorses faite dans des petit troncs déligné sur 2 faces.

Les fagots de seigle n'était pas cousus, mais pris en sandwich entre la condorse et un liteau attaché par un fil au travers des fagots. Ce liteau était recouvert par le rang du dessus.

Le faîtage était aussi fait en fagot de seigle à cheval sur les 2 pans de la toiture.

La toiture était plus épaisse, plus de 20 cm.

 La dernière toiture en seigle le Luz-la-Croix-Haute (26)
 Détail sous la toiture.
 
 

Remerciement :


Les sagneurs :

Et aussi :

  • Toute l'équipe du Marais du Viguerat.

  • Christian et Sébastien  Coulomb de Saboï  




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