Le torchis

Le torchis est un mélange assez plastique de terre fibré, qui s'applique sur un support adapté. Il peut s'apparenter à un enduit épais.

Avantages:

  • Très économiques.

  • Très écologique, aussi de l'impact sur l'environnement que sur la santé.

  • Très facile à réaliser.

  • Se fait avec presque tout type de terre et de fibre.

  • Très bon régulateur thermique et hygrométrique.

  • Tout type de forme et épaisseur.

Inconvénients:

  • Assez groumant en main d’œuvre.

  • Séchage très long.

  • Moyennement isolant.

  • Sensible à l'eau, plutôt pour l'intérieur.

  • Non porteur, nécessite une structure bois.


Les torchis et leurs supports:

Il y'a plusieurs techniques de torchis, qui dépendent principalement du type de support.

  • La pose sur Lattis

La plus simple et la plus utilisée, le torchis est posé des 2 côtés d'une structure horizontale avec un maillage assez serré , de quelques centimètre. Qui permet aux couches de torchis de chaque côté de se liées l'une à l'autre.

On ici très proche d'un enduit terre fibrée.

C'est de celui la qu'on parlera surtout sur cette page.

  • Les torches

La structure qui reçoit le torchis est plus lâche, on a des lattis horizontaux espacé de plus de 10 cm.

Puis on réalise des torches avec un mélange comportant des fibres longues.

On vient ensuite tresser ces torches sur ce lattis.

  • Les quenouilles

Technique utilisée aussi bien pour les murs que des planchers (En Normandie notamment).

On réalise des quenouilles de torchis , c'est à dire qu'on enroule une torches autours d'une baguette d'environs 50cm.

Puis on vient poser ces quenouilles dans une structure adaptée.

Le mélange:

Le secret du torchis repose beaucoup sur sa composition. Il est traditionnellement adaptée à chaque région et dépend des matériaux présent sur le territoires.

La terre pour commencer:

Pas de torchis sans terre, il faut une terre argileuse. Car c'est l'argile qui va servir de lien. On doit avoir au minimum 15% d'argile dans le mélange finale.

Une terre trop sableuse s’effritera et ne tiendra pas, une terre trop argileuse peut présenter des retraits importants.

Une terre avec trop de cailloux devra être tamisée, ce qui peut parfois être compliqué si il y'a beaucoup d'argile.

Il est préférable d'avoir faire tremper la terre au moins la veille.

Les fibres:

Un torchis comporte forcément des fibres, dont le diamètre et la longueur peut varier selon les régions, et surtout selon le type et l'épaisseur de torchis réalisé.

Les pailles de céréales sont les plus couramment utilisées et les plus facile à trouver, il faut les couper voir même les broyés. Nous utilisons beaucoup la paille de riz broyé qui est produite en Camargue, c'est de loin la plus adaptée selon nous.

Mais on peut utiliser d'autre fibres comme l'anas de lin, des fibres de chanvres, voir des fibres animales: crin de cheval, soie de cochon, cheveux etc... Recyclez ce que vous avez prés de chez vous.

Le tout est d'avoir un matériaux assez souple, résistant mécaniquement et à l'humidité.

On peut trouver des déjections d'herbivores comme le crottin de cheval ou la bouse de vache. Cela permet d'ajouter des fibres courtes, mais surtout de faire fermenter le mélange. Ce qui peut présenter un intérêt dans certains cas.

Les autres charges:

Elles sont optionnelles, mais on trouve :

  • Des charges minérales, comme le sable. C'est surtout pour dégraisser une terre trop argileuse.

  • Des granulats végétaux: comme les balles de céréales , les copeaux de bois ou la chènevotte de chanvre.

L'objectif , comme pour les enduits est d'avoir un maximum d'ingrédients de toutes les tailles, qui vont s'imbriquer les uns dans les autres, et rendre le mélange plus solide.

Les autres liants:

Bien que ça ne fasse pas l'unanimité, on peut ajouter d'autres liants comme la plâtre ou la chaux. Pour accélérer la vitesse de prise du torchis, ou le stabiliser pour un usage en extérieur par exemple. Attention, c'est un peu technique touts ces liants ne sont pas compatibles entre eux.

Le mélange

Le mélange peut se faire de plein de manière différentes.

  • A la main, à la fourche ou foulé au pied de manière traditionnelle.

  • A la bétonnière: Ce n'est pas possible pour tout les torchis et toutes les bétonnières, ça demande un peu de savoir faire.

  • Au malaxeur à main: La aussi c'est un peu comme la bétonnière.

  • Au malaxeur planétaire horizontale, ou au pétrin de boulanger: C'est la grosse artillerie, mais si vous avez du volume à faire, ça vaut le coup.

L'application

La c'est assez simple, la pose se fait à la main. On jette ou on pose le torchis sur le mur et on l’étale à la main; Puis on peut lisser avec des outils pour les enduits.

Il n'est pas évident de mécaniser la projection, ou alors avec des machines avec des gros diamètres de buses, et des fibres courtes.

La finition

Si le mélange est bien fait, on peut simplement le lisser et ce sera la finition.

Sinon un enduit de finition respirant peut être appliqué dessus.

Ou utiliser le torchis?

Faire tout un bâtiment en torchis n'est plus d'actualité, car il n'est pas assez isolant en enveloppe extérieur, et trop gourmand en main d'oeuvre.

Mais c'est une technique très complémentaire d'un bâtiment bien isolé. Il est pertinent de l'utiliser:

  • Dans les cloisons: Il ajoute de l'inertie et de l'isolation phonique entre les pièces. De plus, ils très plastique, on peut y faire des formes très variés.

  • Le mur sud du bâtiment: En hiver, Le torchis chauffera au soleil et resituera la chaleur le soir. De plus cette façade comporte souvent beaucoup de détails à cause des vitrages. Hors le torchis permet d'épouser toutes les formes, même les plus complexes.

  • Dans tout les endroits compliqués, rond, pointus et tordues du bâtiment. Il bouchera tout les trous!

Penser par exemple au torchis bouteille, "le vitrail low-tech", que nous utilisons souvent en haut des pignons. Bref, il est fait pour vous amuser et libérer votre imagination!